La disparition des éléphants aggrave le réchauffement climatique.

« Les éléphants peuvent-ils sauver la planète ? » Des chercheurs de l’Université américaine Saint-Louis ont découvert que l’extinction des éléphants d’Afrique pourrait entraîner une dangereuse hausse des niveaux de carbone dans l’atmosphère.

Dévoilée lundi 23 janvier dans la revue Proceedings of the national academy of sciences (Pnas), leur étude détaille en effet le rôle clé de ces pachydermes dans la sélection des essences d’arbres stockant le plus de CO₂.

« Les éléphants sont les jardiniers de la forêt »

En mangeant des dizaines de kilos de végétaux chaque jour, les éléphants font beaucoup de dégâts dans les forêts. Ils arrachent des branches entières et déracinent les plus jeunes arbres. Paradoxalement, ces perturbations limitent la concurrence et permettent l’émergence de très grands arbres, puits de carbone.

« Les éléphants sont les jardiniers de la forêt », écrit Stephen Blake, professeur en biologie et auteur principal de l’étude. « Ils font un travail colossal pour maintenir la diversité de la forêt » et « se débarrasser des mauvaises herbes ».

Une population en chute de 86 %

Et là n’est pas leur seul geste pour préserver la planète. Ils favorisent également la pousse des grands arbres fruitiers : « Grâce à leurs excréments, les éléphants dispersent des graines à des distances de plusieurs kilomètres à la ronde, ce qui n’est pas le cas avec d’autres espèces », précise François Bretagnolle, chercheur au CNRS et l’un des auteurs de l’article.

Aujourd’hui, ces pachydermes sont classés en risque critique d’extinction. Leur population a chuté de 86 % au cours des trois dernières décennies. « Ils sont chassés par les humains depuis des millénaires, poursuit Stephen Blake. L’argument selon lequel tout le monde aime les éléphants n’a pas recueilli suffisamment de soutien pour arrêter le massacre. » S’ils venaient à disparaître complètement, la forêt tropicale d’Afrique centrale et occidentale, deuxième plus grande forêt tropicale sur terre, perdrait entre 6 et 9 % de sa capacité à capter le carbone, amplifiant un peu plus encore le réchauffement climatique.

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