Interview exclusive du Président de l’UET/Les Verts du Tchad.

Badono Daigou : « …la gouvernance écologique est une solution de sortie de crise pour les pays sahéliens et …le monde entier »

En marge du second congrès du Parti des Verts Marocain qui s’est tenu les 19-20 et 21 mai 2023 à Béni Mellal dans la région d’Afwar dans le centre du Maroc, l’Envoyé Spécial du journal panafricain « PLANETE ECOLOGIE » a rencontré le leader du parti vert du Tchad, dénommé Union des  Ecologistes Tchadiens/Les Verts (UET/Les Verts) Badono Daigou. Entre autres sujets abordés la place des écologistes dans le landerneau politique tchadien, la transition après le décès du Maréchal Idriss Déby et les perspectives d’avenir. « Aujourd’hui, la politique traditionnelle, l’économie mondiale a échoué. Donc nous devons repenser notre monde : notre façon de consommer, de produire,  de nous déplacer, de nous vêtir, bref notre mode de vie. Pour cela, il nous faut  globalement évoluer vers une gouvernance écologique » a-t-il dit. Lisez :

Planète Ecologie: Présentez-vous à nos lecteurs

Président Badono Daigou : Moi je m’appelle Badono Daigou. Je suis le président du parti vert du Tchad, dénommé Union des  Ecologistes Tchadiens/Les Verts (UET/Les Verts). Je suis le Trésorier Général de la Fédération des Verts Africains (FéVA). Je suis également le Vice-Président de la Fédération des Ecologistes et Verts de l’Afrique Centrale.

Q : Monsieur Daigou, comment se porte votre parti et les écologistes tchadiens ?

Notre parti se porte bien avec les difficultés inhérentes à tout parti politique, à toute organisation qui fait une offre politique et surtout que nous sommes dans une thématique nouvelle qui est l’écologie politique. Nous pensons qu’en ce moment notre offre politique tient surtout que notre pays vit des moments très difficiles et que nous sommes un pays sahélien faisant face à la sécheresse, à l’avancée du désert,  aux changements climatiques et autres. C’est pourquoi, nous pensons qu’aujourd’hui, la gouvernance écologique, est une solution de sortie de crise pour les pays sahéliens et non seulement le monde entier. Aujourd’hui, la politique traditionnelle et l’économie mondiale a échoué. Donc nous devons repenser notre monde; notre façon de consommer ; de produire ; de nous déplacer; de nous vêtir; bref notre mode de vie. Pour cela, il nous faut  globalement évoluer vers une gouvernance écologique. Et je pense que notre parti comme les autres partis  verts du monde font la même offre politique. Et pour tout cela, je me dis que notre parti se porte bien.

Vous savez dans les pays sahéliens, les écologistes on les trouve partout. Il y a des gens qui font de l’écologie sans savoir qu’ils sont  des écologistes. Ces hommes et femmes ont des connaissances uniques des terroirs dans lesquels ils vivent. Vous les retrouvez, ce sont des gens simples. On les retrouve dans les villages, qui font l’agriculture et qu’ils ne demandent pas l’engrais, qui produisent au niveau végétal, au niveau animalier de façon simple en respectant la nature.

Les écologistes nous les retrouvons partout. Mais nous devrons également faire un travail de sensibilisation. Et les écologistes au Tchad, il y en a beaucoup. Maintenant la question réelle est de savoir les organiser. Il y a des gens qui ont en eux l’écologie sans le savoir. Pas une écologie pédagogique avec  des  connaissances  livresques, mais qui vivent l’écologie comme ça naturellement dans leur comportement de tous les jours. Je crois que ces gens-là doivent tous se mettre ensemble. C’est pour cela je dis que l’écologie au Tchad se porte bien.

 

Monsieur Badono, quelle est la place des verts tchadiens dans le landerneau politique du Tchad ?

Le Tchad comme les autres pays africains, compte beaucoup de partis politiques. Notre parti a été créé en 2005, reconnu officiellement en 2006. Notre arrivée sur la  scène politique Tchadienne a été perçue par  beaucoup de  gens comme  une utopie. C’était difficile pour eux de comprendre. Alors que nous savions que nous menions un  combat avant-gardiste. Nous avions compris très tôt qu’il fallait faire une offre politique nouvelle qui devra nous mener vers une gouvernance écologique. Très tôt,  nous sommes allés à des élections et nous avons eu un député. C’était la première fois au Tchad qu’un écologiste a été élu au parlement Tchadien. En plus d’un député, le parti a également fait élire trois conseillers municipaux.

Beaucoup de gens avaient compris que nous étions venus avec une proposition nouvelle. Je pense que le parti vert tchadien est un parti qui a été pris sérieux pour ses prises de position. C’est un parti qui est respecté, vu que nous sommes un parti progressiste, nous mettons les doigts là où les autres ne s’aventurent pas. Nous disons les choses telles qu’elles sont, tout en étant très proche de la population. Nous avons cette différence ou cette préférence de vouloir faire la politique à la base. Quand les autres se cantonnent seulement au niveau national, nous nous allons à la base, nous travaillons directement avec  les  populations. Nous prônons la démocratie participative. Nous sommes à l’écoute  de la population. Je crois que pour cela, le parti vert aujourd’hui est un parti qui a pion sur rue eu Tchad.

Monsieur le Président Badono, après le décès du Maréchal Idriss Deby Itno, son fils Mahamat Itno a pris le pouvoir. Et depuis votre pays est dans une période de transition après les remous, contestations en passant par le dialogue national, inclusif et souverain. Quelle est votre appréciation en tant que chef d’un parti politique ?

Il faut dire que comme tous les Tchadiens et les autres africains, nous avons été surpris par la mort du Maréchal Idriss Deby Itno. Ce que nous ne comprenons pas, c’est cette transmission du pouvoir du père au fils qui a été adoubé par la France puisque  lors des obsèques du président Idriss Deby Itno, le  monde entier a écouté le président Emmanuel Macron dire clairement qu’il était d’accord avec le CMT (Conseil Militaire de Transition) qui avait pris le pouvoir de façon non constitutionnelle. Pour nous cela s’appelle un coup d’État. Je crois qu’au-delà de la perte que nous avons eue, la durée au pouvoir d’Idriss Deby père a fait que le Tchad n’était pas préparé à cette situation. Ce sont les conséquences de la personnification du pouvoir. On a avancé des questions sécuritaires pour justifier que son fils prenne le pouvoir. Au début, ce dernier a pris des  engagements séduisants qu’il n’allait pas se représenter et qu’il était là simplement pour conduire la transition. Mais au fil du temps, nous nous sommes rendu compte que non, il était là pour garder le pouvoir.

Déjà, nous sommes contre la dévolution monarchique du pouvoir. Nous refusons catégoriquement cela. Le DNIS  (Dialogue national inclusif et souverain) était là grande chance que tout le monde attendait. Hélas grande  fut   notre  déception, ce dialogue n’a été ni inclusif, ni souverain. Son caractère souverain n’a pas été jamais consacré par un acte. Le chef de la transition devait prendre un acte, il ne l’a pas fait. Nous y avons participé en  croyant aller à une messe nationale qui permettra à tout le monde de s’exprimer. Au finish, on a eu beaucoup de regrets. Nous ne  nous  reconnaissons pas dans ce dialogue, ni dans ses résolutions. Déjà la mise en place du présidium à fait  couler  beaucoup  d’encre. Cela s’est fait au forceps. Ces gens sont des habitués de  cette  pratique, pendant trente ans ils ont gouverné en malmenant les textes; en  louvoyant, ils ont fait la même chose en bourrant les listes la salle avec des gens qui étaient acquis à  leur cause. Ils ont mis en place un applaudimètre. Donc, les résolutions n’ont pas été consensuelles. Le présidium du dialogue n’a pas été inclusif. Pourquoi je le dis, parce que les organisateurs eux-mêmes se sont retrouvés niveau du présidium.  Le dialogue a été pris en otage par des gens qui prévoyaient déjà que Mahamat Idriss Deby Itno devrait rester au pouvoir. Les ratées observées au niveau de DNIS ont aujourd’hui des conséquences  sur la dernière phase de la transition. Les événements malheureux du 20 octobre où beaucoup de jeunes ont été assassinés, personne connais pas le nombre exact. Au jour d’aujourd’hui, justice n’a pas été rendue pour ces jeunes. C’est une suite logique des ratées du DNIS. La population ne se reconnaît pas reconnus dans le DNIS. Le DNIS devait être le lieu de la  vérité, du pardon. Le lieu où on devrait  rebâtir  totalement le Tchad. On ne peut pas faire une refondation en privilégiant les anciennes méthodes. On devrait prendre en compte les aspirations des peuples et surtout celles de  la jeunesse et des femmes. Vous savez au Tchad, les jeunes vivent un chômage endémique. L’impunité est réelle, la corruption elle est réelle. Ce que moi j’appelle parfois le délit du patronyme. Il y a des gens qui partir de la résonnance de leur nom n’ont pas simplement accès à l’emploi. La situation est réellement difficile pour les jeunes. Le DNIS devrait être une solution malheureusement le DNIS a été encore une  entourloupe de plus  pour ceux qui étaient au pouvoir.  L’appréciation  que je donne de ce dialogue est qu’il a échoué. Nous sommes un parti politique qui se dit responsable inscrit dans le pacte républicain. On ne peut pas que critiquer, nous devons également proposer. Nous disons que nous pouvons rectifier cela, avoir le courage de changer et faire en  sorte  que  la deuxième phase de la transition qui a déjà commencé soit inclusive. C’est quelque chose de très important parce qu’il y  a beaucoup de gens qui sont restés en dehors de  cette transition eu court de laquelle, il faut surtout combattre l’impunité, en laissant la justice faire son travail. Les organes qui vont s’occuper des futures élections, il faut que ça soit des organes réellement indépendants parce qu’il faut avoir des élections crédibles qui seront acceptables par tout le monde et qu’ils soient également certifiées par une institution internationale. Sans être alarmant, je me dis est-ce que ce n’est pas le dernier rendez-vous que le Tchad a avec l’histoire ? Parce que si nous ratons l’organisation de  ces  élections, ceux qui ne vont pas se reconnaitre dans les  résultats  surtout que nous sommes un pays qui est entouré par des foyers d’insécurité; la Centrafrique qui n’est pas un pays stable, le  Niger et le  Nigeria avec au  lac les Boko Haram, vous avez la Libye, on n’oublie pas le conflit qui vient de commencer au Soudan et  forcément on n’aura beaucoup de soudanais réfugiés au Tchad. Le système d’alerte des Nations-Unies a  prévu plus d’un million de réfugiés soudanais vers le Tchad. Donc vous voyez que cela va rendre le Tchad à son tour instable. Pour cela, il faut qu’il y ait une gouvernance irréprochable, une gouvernance inclusive, c’est celle-là qu’on veut, c’est cela qu’attend le peuple Tchadien. Cette gouvernance peut apaiser les gens.

Président Badono, à vous entendre on dirait que vous êtes inquiet pour l’avenir du Tchad après la transition. Est-ce vrai ? Si oui, pourquoi ? Et qu’elle peut être la contribution du parti vert tchadien pour à la réussite de cette transition ?

Ne pas être inquiet en cette période cruciale est pour moi je  pense être irresponsable. Vous voyez depuis quelques jours au Tchad, nous assistons à une vague de violence. Il y a beaucoup de morts. Beaucoup de tueries. En ce moment précis, nous sommes trop inquiets parque lz non résolution des questions d’impunité, de non injustice, la non équité fait que depuis quelques jours qu’au Tchad il y a des tueries. Quand on vous vous dit que c’est des conflits intercommunautaires, conflits agriculteurs-éleveurs, mais le gouvernement ne communique pas là-dessus. Le gouvernement se tait. Nous avons entre autres la France qui est en train d’installer une base militaire au sud du Tchad sur quel accord ? Pourquoi ce timing en cette période de transition? Nous avons un gouvernement de fait. Donc ce gouvernement n’a pas de légitimité pour poser certains actes. Que ça soit le Premier Ministre ou le président de transition, ils ont un pouvoir de fait. Quand on a un pouvoir de fait il faut attendre les élections. Il faut le retour à l’ordre constitutionnel qui doit se faire de façon légaliste. Après ça il faut des élections. Les élections qui viendront seront des élections plus légitimes. Maïs sinon la France va discuter avec qui pour installer une base au sud du Tchad ? C’est ça la question. Quand on prend les accords de défense entre la France et le Tchad depuis 1960, ils n’ont jamais revisités. Ce sont des incohérences qui méritent d’être  clarifier. Aujourd’hui la population tchadienne ne se reconnaît pas à travers ses dirigeants. Dans ces conditions, si les élections à venir sont truquées, les gens ne se reconnaîtront pas dans les institutions qui viendront après, c’est dangereux pour le Tchad. Quand les gens ne se reconnaissent pas, ils désobéissent. Aujourd’hui, les tchadiens se disent que tous ceux qui travaillent dans cette transition sont au service  d’un seul clan. Ils travaillent simplement pour une seule personne pour la maintenir au pouvoir. Et maintenir le système dans lequel eux ils profitent. Vous vous permettez au Tchad c’est bizarre. Vous allez trouver quelqu’un qui a une maison qui a une valeur de plus de trois cent millions de francs CFA. A côté de lui, vous trouvez des gens qui n’ont même pas une douche pour se laver. Mais au Tchad ça dérange personne. Ça ne chagrine personne. Ce n’est pas un problème pour les tenants du pouvoir. Il y a un groupe de gens qui ont pris les tchadiens en otage. Donc c’est en cela que moi je dis je suis inquiet. Et pas simplement inquiet, j’ai peur. J’ai peur du lendemain. Et surtout je l’ai dit un peu plus haut que le Tchad est entouré par des pays qui disons-le ne sont pas stables. Donc nous également, nous sommes un peu contaminés avec un pareil système de vase clos. Cette instabilité, elle aussi chez nous. Et pour  éviter qu’il y ait une instabilité au Tchad, il faut sortir de cette transition là pour qu’on ait des institutions, je le dis encore des institutions fortes.

Nous sommes dans le pacte républicain. Je pense que quand on est dans un pacte républicain, on ne peut que faire des propositions. Le parti vert fait partie d’un groupe de 14 partis politiques qui s’oppose à la transition actuelle, la façon dont elle est menée. Ce groupe-là s’appelle le GCAP (Groupe de concertation des acteurs politiques). Nous sommes 14 partis politiques et nous avons fait la déclaration du 29 mars qui était un ensemble de propositions politiques pour une sortie de crise Comment on peut sortir de la crise ? Le GCAP a écrit au gouvernement qui fait la sourde oreille. Cette déclaration du 39 mars a été envoyée aux Nations-Unies, à l’Union africaine, à l’Union européenne et à toutes les grandes chancelleries. La déclaration du 29 mars propose quelques pistes de sortie de crise qui permettront de décrisper l’atmosphère. Par exemple libérer l’espace d’expression politique. En ce moment au Tchad, on peut pas tenir des meetings, ni faire une marche pacifique. Après ces gestes de bonnes volontés, il faut prendre un temps pour discuter. La discussion mettra en face tous ceux qui prennent part à la transition actuelle d’un  côté et ceux qui ne sont pas d’accord de l’autre côté. Dans l’opposition, Il n’y a pas que le GCAP seul, il y a aussi d’autres partis politiques qui ne sont pas dans le groupe. Il y a également société civile et certaines centrales syndicales qui ne sont d’accord avec la façon dont la transition est gérée. Donc tous ces gens doivent se mettre ensemble parce que le Tchad nous appartient à tous. Le Tchad n’appartient pas à un petit groupe. Nous l’avons dit également aux Nations-Unies qui se taisent du fait que le Tchad est le bouclier militaire contre le terrorisme au Sahel au niveau du G5 Sahel. Sur ce simple vocable, les gens oublient la sécurité intérieure du Tchad. On parle de la sécurité du G5 Sahel mais on oublie la sécurité des tchadiens qui meurent chaque jour. Donc si on ne résout pas ce problème, nous nous avons dit aux Nations-Unies ils reviendront faire une politique de réfugiés au Tchad.  Donc nous avons fait des propositions concrètes. Pour le bien-être de notre peuple il faut qu’on discute, c’est très important.

Votre mot de fin monsieur le président :

D’abord je vais remercier beaucoup la presse, ce que vous faites comme travail, je vous dis merci. Mon mot de la fin. Je pense que la situation est chaotique un peu en Afrique, dans beaucoup de pays. C’est le moment où toutes les forces progressistes en Afrique doivent se mettre ensemble.  L’exemple le plus palpant c’est notre  venue ici. Les partis verts d’Afrique se sont retrouvés au Maroc invités par le parti vert marocain permettant des échanges consensuels sur les questions écologiques.   Un seul parti ou un seul pays ne peut pas résoudre les problèmes environnementaux. Certains exemples parlent d’eux même: il y a un seul fleuve qui traverse plusieurs pays, vous avez une forêt  est à cheval sur plusieurs pays par exemple, et ainsi de suite, les exemples sont légions. La solution à  nos problèmes ne peut  être que transnationale. Au niveau de la politique, l’Afrique est le continent qui  subit le plus d’influences extérieures. A l’instar de mon pays, je  me demande est ce que nos problèmes ne viennent pas de dehors ? Est-ce que nous ne sommes pas devenus un terrain de jeu pour les puissances occidentales ? Parque ce que là où on peut résoudre les problèmes je crois que les puissances extérieures préfèrent plutôt qu’il y ait la guerre. Mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a derrière ? La réponse est simple, c’est notre sous-sol. C’est notre richesse. C’est notre sous-sol aujourd’hui qui nous pose plus de problèmes.

Il faut qu’il y ait une prise de conscience collective. Celle de sauver l’Afrique. Notre utérus commun. Les débats ne peuvent plus être au niveau des ethnies ou des entités, ou des communautés, mais les débats ne peuvent avoir leur solution qu’au  niveau national et au niveau transnational. vous voyez  la divergence des réactions internationales quand le conflit en Ukraine à éclater. Ce sont tous les européens, le monde entier qui s’est mobilisé. Mais observez bien les conflits qui ont lieu en Afrique, vous allez voir une indifférence méprisante comme si on pouvait échelonner les morts. Les morts en Afrique sont souvent passés sous silence ou bien c’est des morts qui n’ont pas de valeur. Pour ça, la seule chose qui pourrait sauver mon pays le Tchad et au-delà toute l’Afrique, c’est la gouvernance écologique parce qu’elle est basée sur l’éthique morale et  elle prend en compte les générations futures.

Propos recueillis à Béni Mellal au Maroc par Nicolas Ekué KOUDOHAH

(00228 90 36 95 32 Lomé- Togo)

 

Your Media: Africa Environment Media Group, 1st Pan-African Media for Ecology.

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