D’ici 2027, la faune sauvage circulera librement dans les forêts

Les animaux sauvages pourront bientôt à nouveau circuler librement dans les forêts de Sologne, de Picardie ou encore des Landes. C’est en tout cas le but de la proposition de loi adoptée définitivement le 25 janvier par le Parlement afin de limiter l’engrillagement des espaces naturels, tout en protégeant la propriété privée.

Ce texte vise à mettre fin à ce qu’on appelle la « solognisation », une pratique répandue en particulier en Sologne où les grands propriétaires terriens clôturent leurs terrains. Ces milliers de kilomètres de murailles grillagées sont fatals à de nombreux animaux, comme le rapportait Reporterre lors d’un reportage réalisé en 2020 dans la région. Ces barrières sont également des obstacles aux continuités écologiques (ensemble des espaces naturels nécessaires à l’épanouissement de la faune) ainsi qu’au travail des pompiers.

« Le but unique est de surconcentrer des animaux à l’intérieur de l’enclos, pour faire non pas de la chasse, mais des carnages d’animaux », confiait à Reporterre François Cormier-Bouligeon, l’un des députés à avoir déposé une première proposition de texte sur le sujet. « Cela porte atteinte au paysage, à la biodiversité, au bien-être animal et fait encourir un risque sanitaire. Les animaux se reproduisent entre eux et cela créé une dégénérescence génétique. »

Des clôtures plus naturelles


Concrètement, la loi qui sera prochainement promulguée limite la hauteur des grillages à 1,20 mètre de hauteur. Ils ne pourront également plus être posés à moins de 30 centimètres du sol. Le texte précise que ces clôtures ne doivent être ni « vulnérantes » ni constituer « des pièges pour la faune ». Elles doivent être édifiées « avec des matériaux naturels ou traditionnels tels que prévu par le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires ».

Tous les propriétaires terriens ayant installé des grillages depuis 1993 devront donc les supprimer ou les modifier. Ils bénéficient cependant d’un large délai, jusqu’au 1er janvier 2027. Ils ont par ailleurs obtenu un renforcement du respect de la propriété privée avec l’instauration d’une contravention de quatrième classe en cas d’intrusion, pouvant aller jusqu’à 750 euros. Jusque-là, pénétrer dans la propriété d’autrui n’était pas sanctionné, sauf en cas de dégradation ou de procédés illégaux.

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